[Général] Les Fourchettes Awards de Forky

2016 aura beau avoir été une année fort déplaisante à plein de niveaux, il y aura quand même eu pas mal de bons contenus culturels pour faire passer la morosité des actus. Tout cela mis dans la balance, faire un top semblait quand même un peu délicat : il faut choisir ce que l'on met avant tel autre truc, quel domaine on traite, etc. Bref, je ne savais pas trop quoi faire, alors j'ai décidé de décerner les "Fourchette Awards" sur une sélection d'œuvres qui m'ont marqué, pas mal en bien, d'autres en moins bien, sans classement ni de manière exhaustive, et sur des domaines assez variés.

Fourchette du "Transmedia de ouf et purée j’espère qu'on en aura encore !"
Lastman

(BD de Balak, Vives et Sanlaville, série réalisée par Jeremy Périn aux studios Je Suis Bien Content et jeu Last Fight par Piranaking)

S'il y a un projet français qui m'aura marqué cette année, c'est bien Lastman. Bande dessinée à l'origine publiée sur le web puis aux éditions Castermann, elle a été adaptée en 2016 en jeu vidéo de baston, puis en série d'animation diffusée sur France 4 il y a peu. Cette dernière revient vraiment de loin : annoncée en grande pompe par France 4 puis laissée aux oubliettes avec un horaire de diffusion naze, lâchée par un "gros investisseur" puis sauvée in extremis via Kickstarter, cette série n'a pas eu la vie facile. Mais c'est sans compter la pugnacité de ses créateurs, promoteurs et autres qui ont réussi à mener à bien ce qui est, pour moi, la meilleure série française du moment. Ils ont réussi à faire quelque chose d'efficace, de super bien doublé et qui s'intègre à fond avec la BD en cours (se payant même le luxe de montrer sans le dire directement des choses sur lesquelles on s'interroge encore dans cette dernière). D'une manière plus globale, le transmédia Lastman offre une œuvre complète, s'étendant sur plusieurs périodes et montrant une réelle évolution des personnages, certains apparaissant ou disparaissant au gré de l'aventure pendant que d'autres sont là depuis le début. Bref, à lire, à voir, à jouer ou les trois, c'est vraiment une série que je conseille. Attention cependant, c'est une œuvre "adulte", avec quelques avertissements sur les thématiques de la violence, du sexe, du sexisme, de la drogue et qui peut parfois être graphiquement très violent.

Fourchette du "Plus beau ciel qui rend jaloux les parisiens"
Your Name

(de Makoto Shinkai)

J'ai pu voir le nouveau film de Makoto Shinkai en avant-première avec mon compère Sharksymphonie. Le moins que je puisse dire c'est que wow, quelle claque ! L'ensemble est magnifique, l'animation superbe et chaque détail participe à cette ambiance unique propre aux films du réalisateur. Cela va jusqu'au moindre objet, que ça soit la nourriture, les mouvements de porte, effets ou objets insolites comme la Gamecube orange planquée dans un coin. Bien sûr, on pourra lui reprocher de rester dans des thématiques déjà abordées comme la relation garçon-fille habituelle de Shinkai mais l'histoire est prenante, réserve des surprises et alterne bien entre le contemplatif et le nerveux rythmé.

Fourchette "15 fps et encore les jours ou il fait beau"
PS4Pro

(de Sony, disponible depuis Novembre)

Fin novembre, je me suis enfin décidé à prendre une PS4, notamment pour jouer à Final Fantasy XV et une pelletée d'exclus qui commencent à être trop nombreuses pour que je les ignore. Or, mon porte-monnaie ayant le dernier mot sur le choix du modèle et n'étant pas à la recherche de la performance absolue (vu que je suis aussi membre de la glorieuse "PC Master Race"), j'ai opté pour un modèle classique, et non "pro" censé être plus puissant. Cela ne me dérange pas, visant essentiellement des exclusivités japonaises ne demandant pas forcément la puissance ultime. Or, à ce moment-là sort Last Guardian, autre arlésienne vidéoludique et avec lui les tests de performance qui rapportent un framerate plus que bas sur PS4 "normale". Bref, un jeu qui sent l'optimisation PS4pro et qui me fait craindre que cela devienne la norme, d'où mon coup de gueule. Car oui, le concept de console "upgradée" peut-être cool, mais si c'est pour avoir une optimisation bâclée sur le modèle d'avant, autant nous laisser nos machines pendant huit ans sans amélioration.

Fourchette "Bon quand c'est que c'est fini car là c'est long quoi..."
La Tortue Rouge

(de Michael Dudok de Wit, coproduction Ghibli, Wild Bunch et Why Not Productions)

Bon, sur ce film je vais probablement me faire la voix dissonante de l'avis général, mais honnêtement pour moi c'était... au mieux moyen (et encore, je suis gentil). Alors oui, c'est plutôt joli et très bien animé (bien que j'aie trouvé cela un peu terne), j'ai notamment bien-aimé toute la première partie ou l'homme découvre l'île et qui nous offre de très belles scènes contemplatives. Mais, à côté de ça, c'est long, ça raconte pas grand chose et ça m'a donné une impression de vide, surtout sur la seconde moitié du film. L'idée peut être à la base très sympa mais ça se traine, j'en suis ressorti avec un sentiment de "tout ça pour ça ?". Sans détester le film, j'ai en fait l'impression qu'il aurait plutôt fait un excellent court métrage, Dudok de Wit venant de ce domaine. On a d'ailleurs eu droit avant le film à un petit court du même réalisateur, avec ce même côté sans dialogues et minimaliste, que j'ai trouvé vraiment excellent. Peut-être aurais-je plus accroché à La Tortue Rouge sur ce genre de format, mais là pour moi c'était bien trop étiré. À noter si vous décidez de le voir que des scènes de mort, de violence ainsi que de maltraitance envers les animaux y sont présentes.

Fourchette "Cerveau zombifié tout frais livré par train"
Dernier Train Pour Busan

(de Sang-Ho Yeon, Corée du Sud, avec Gong Yoo, Yumi Jung et Dong-seok )

Je ne vais pas revenir en long en large et en travers sur le Dernier Train Pour Busan, mais il reste pour moi une des réussites de l'année et un renouveau du genre de film de zombies qui était revenu à la mode il y a quelques années avant d'atteindre le point de trop-plein qui en a fait décrocher pas mal. Bref, n'hésitez pas à aller voir l'avis que j'ai donné il y a quelques mois de cela.

Fourchette "Un poing c'est tout"
One Punch Man

(Webcomic de ONE et dessin de Yusuke Murata, aux éditions Kurokawa)

Eh oui, on a tendance à l'oublier mais c'est au début de cette année que l'on a eu l'arrivée de One Punch Man en France au format manga. Alors oui, l'anime date de l'année dernière et le manga est encore plus vieux que cela au Japon, mais c'est en janvier que nous avons eu la sortie aux éditions Kurokawa. Le tome 5 est d'ailleurs arrivé il y a peu et grâce à un rythme de parution plus soutenu qu'au Japon (où il sort tous les six mois environ) on risque fort de pouvoir rattraper assez rapidement l'édition originale. Bref, One Punch Man est l'un des meilleurs Shonen de ces dernières années et je vous renvoie sur l'article de Shark si vous ne connaissez pas encore. Attention, de nombreuses scènes violentes et de mort sont à prévoir, même si la plupart sont sur des monstres.

Fourchette "Le sel des mecs rageux est toujours le meilleur"
Overwatch

(Blizzard Entertainment, sur PS4, XboxOne et PC)

Overwatch fait partie de ces jeux, comme longtemps l'a été Minecraft pour moi, où je me dis qu'il ne faut PAS que je m'y mette sous peine de ne plus rien faire d'autre à côté. L'avantage par rapport au bac à sable en voxels est que beaucoup de choses sont faites à côté par Blizzard, notamment des cours métrages et webcomics. Et c'est l'un de ces derniers, mettant en scène la personnage mascotte du jeu, Tracer, qui m’intéresse ici. Qu'a-t-il de si exceptionnel ? Oh pas grand chose, une histoire de Noël qui réchauffe nos cœurs, mais dans lequel on apprends toutefois que Tracer est lesbienne. Bon, à titre purement personnel je m'en fous, dans le sens où cela ne va pas me changer la vie, que je trouve cela somme toute banal mais c'est toujours sympa pour donner un modèle de personnage cool à des femmes partageant la même orientation romantique. Il se trouve cependant que ce simple comics a déchainé une tempête de sel sur des forums de jeu et autres lieux du net. D'un côté je trouve cela un peu triste que trois gugus ragent de voir leur fantasme leur devenir "inaccessible", mais de l'autre c'est tellement bon de les voir se lamenter comme ça !

Fourchette "Film Star Wars de l'année"
Rogue One

(De Garret Edward, avec Felicity Jones, Diego Luna et Ben Mendelsohn)

    

En sortant de la salle, j'ai lâché que ce film était le meilleur Star Wars de ces dernières années et, malgré d'évidents défauts et un petit coté "retapé au dernier moment" (on parle de 40% de tournage supplémentaire ou reshot), je persiste et signe. Pourquoi ? Parce que c'est un film qui ose vraiment un angle inédit, celui du film de guerre, politique, qui montre le conflit galactique vu par des soldats en bas de l'échelle et au-delà du simpliste "empire mauvais VS rébellion gentille". Et ça, dans Star Wars, après 3 films de quête du héros, 3 préquels et un pantouflard qui revient aux sources, ça fait vraiment du bien. Et aussi, même si ce n'est pas un "vrai" Star Wars, il reste un film qui va forcément toucher un très large public, et c'est cool qu'il soit porteur d'un message si fort. Et en plus, l'intégration est (à quelques détails scénaristiques près) super bien intercalé dans la temporalité existante, avec des CGI que j'ai trouvé pour ma part plutôt réussis.

Attention, sans spoiler, notez que ce film comporte des scènes de violence (parfois assez dure) et de mort.

Fourchette "Turbomedia efficacité puissance pêche"
La Pêche et la Mangue ont de Gros Noyaux

(de Victor Dulon, sur Turbointeractive)

La Pêche et la Mangue est un turbomédia de Vidu, publié sur la plateforme de Turbointeractive (oui oui la même que Paris Pixel). C'est l'histoire de Luka, bêtement décédé en ayant avalé un noyau de pêche qui se retrouve dans un paradis Steampunk avec la ferme volonté de revenir en bas. Dans un style monochrome des plus efficaces, Vidu a réussi à créer un récit à la narration efficace et à sortir un épisode tous les quinze jours durant la seconde moitié de 2016. Je vous invite donc à aller le lire sur Turbointeractive, et n'hésitez pas à soutenir l'auteur si ça vous a plus, une seconde saison pourrait très bien arriver par la suite.

Pour conclure...

Voilà pour les quelques trucs qui m'ont marqué (entre autres) pour cette année. J’espère que ça vous aura donné envie, et à l'année prochaine pour les prochains Awards.
D'ici là, cultivez-vous.

forky

 

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