[Lectures] Sweet Home

Je lis assez peu de webcomics. D’ailleurs, la plupart de ceux que je lis, j’en ai déjà parlé pour vous les recommander cet été. Du coup, quand Forky a parlé de Sweet Home sur Twitter, j’ai cliqué par curiosité, mais sans réelle motivation pour lire un webcomic entier.
Moins de 72 h et 141 épisodes plus tard, je pense pouvoir estimer que j’étais naïfve.

Auteurice : Youngchan Hwang

Illustrateurice : Carnby Kim

Date : Janvier 2018 - Août 2020 (webcomic terminé)

Résumé : Après une soudaine tragédie familiale, un lycéen reclus est obligé de quitter sa maison, et devra faire face à bien plus effrayant : une réalité où les monstres tentent d’effacer l’humanité. Désormais, il doit se battre aux côtés d’une poignée de héros malgré eux pour essayer de sauver le monde avant qu’il ne soit trop tard.

Lire le webcomic sur Webtoon : En anglais, En français (seulement 38+1 épisodes disponibles)


Honnêtement moi je vois juste un garçon consciencieux qui respecte les règles de distanciation sociale ! (Ceci est une blague sponsorisée par le Ministère de la Santé)

Si vous me lisez régulièrement, vous vous dites peut-être que c’est encore une lecture mignonne qui parle de sujets feel-good. Détrompez-vous : ce webcomic est indiqué comme un thriller et, si je me base sur certains commentaires, il est déconseillé de le lire avant de vous endormir. Sauf si, comme moi, la moitié de votre âme est d’une noirceur infinie.

D’ailleurs, je tiens à vous prévenir : ce webcomic parle de mort, de harcèlement scolaire, de suicide 1. A noter que la quasi-totalité des scènes de harcèlement scolaire se retrouvent dans 2 épisodes au total, qui sont assez facilement identifiables à leur ambiance. Je pense qu’il est possible de scroller sans lire ou regarder pour ne pas rater trop l’intrigue sans vous faire de mal si vous le souhaitez. , de meurtres, de dépression, de violences conjugales. Il montre également des images d’auto-mutilation, de (morceaux de) cadavres, une tentative d’agression sexuelle, et suggère un meurtre sur un animal domestique.


Rare illustration de moi quand j’ai faim

Si vous êtes capables de lire du contenu un peu flippant et que les avertissements de contenu précédents ne vous ont pas découragé : je vous recommande chaudement Sweet Home.

Déjà, parce que la qualité est excellente, à la fois visuellement et en terme de narration. Le design des personnages est super propre, avec assez de caractéristiques pour les reconnaître tout en gardant cet aspect « personnes lambda ». Les scènes d’action sont claires et dynamiques. Et le rythme de la narration est extrêmement bon, capable de nous tenir en haleine tout du long par une bonne alternance de CLIFFHANGERS DE L’ENFER DE SES MORTS (pardon, je m’emporte), d’instants comiques toujours au bon moment et de passages plus calmes permettant de développer les relations des différents personnages et les intrigues qui s’entremêlent.

Ensuite, parce que c’est probablement le récit per-apocalyptique le plus satisfaisant que j’aie pu voir à ce jour, notamment dans la réflexion qu’il propose. Ici, les humain’es deviennent progressivement des monstres, chacun différent et dont les caractéristiques dépendent du désir profond que l’humain’e avait avant de changer. Jusque-là, peu de différence avec un énième scénario avec des zombies. Sauf que contrairement à certaines déceptions type Walking Dead, Sweet Home pose vraiment la question de la limite entre humain’es et monstres. On ne se limite pas à un vulgaire « Oui mais, et si, en fait, c’était les humain’es les vrai’es monstres ? » balancé ou suggéré avec l’absence de subtilité doublée d’indécence de celleux qui se permettent des « Nous sommes le virus » en période de pandémie mondiale.

Oui, Sweet Home nous fait plonger au cœur des pires choses que peuvent penser, dire et faire les êtres humains. Mais pas juste pour le plaisir de se rengorger de cette pseudo-philosophie cynique à deux balles. On y plonge car c’est dans cette obscurité que se trouve son origine, que se trouve la motivation des gens et leurs dilemmes intérieurs. Qui souhaitons-nous être ? Que désirons-nous ? Jusqu’où sommes-nous prêt’e’s à aller pour l’obtenir ? Et surtout : pourquoi ? Car ce webcomic écrit magnifiquement bien les humain’es, dans leur simplicité et leur complexité. Sans parler des développements de personnages excellents, on nous propose un panel varié d’individus, chacun’e avec ses forces et ses faiblesses, ses doutes et ses convictions.

Je ne souhaite pas en dire plus, car je ne voudrais pas vous gâcher votre future lecture (même si bon, du coup ça va faire baisser drastiquement mes statistiques de nombre de caractères par article!). Je ne peux que vous le recommander et vous souhaiter de passer un aussi bon moment que ces deux derniers jours de lecture.

Bonne (re)découverte et, si vous le pouvez et que vous le voulez, cultivez-vous !

Hel

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Hel

Notes   [ + ]

1. A noter que la quasi-totalité des scènes de harcèlement scolaire se retrouvent dans 2 épisodes au total, qui sont assez facilement identifiables à leur ambiance. Je pense qu’il est possible de scroller sans lire ou regarder pour ne pas rater trop l’intrigue sans vous faire de mal si vous le souhaitez.

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