[Lectures] L’importance de certains livres dans une vie de lecteurice

Je lis beaucoup, vraiment beaucoup. Il n’y a vraiment rien d’étonnant à ce que je finisse en seulement quelques jours le pavé de 500 pages que je viens tout juste d’acheter pour en commencer un deuxième, tout aussi long. Il m’arrive plus souvent que je ne veux bien l'admettre de me coucher à 3h du matin en pleine semaine parce que j’ai été incapable de lâcher mon livre. Et je ne compte plus le nombre d’arrêts de métro manqués parce que j’avais le nez plongé dans un bouquin. J’aime les livres et j’aime parler de livres. J’aime partager mes lectures et surtout, j’aime essayer de donner envie aux autres de lire. 

En lisant autant, vous imaginez bien que j’ai pu tomber sur de véritables chefs d’œuvre ainsi que sur des titres tout autant oubliables dont je serais bien incapable aujourd’hui de me rappeler ne serait-ce que du nom du personnage principal. Et c’est cela un livre, c’est une histoire qui peut bien rester avec nous juste le temps d’une semaine, d’une année ou, si on est chanceux, elle peut même nous accompagner toute une vie. C’est une histoire unique, qui peut changer totalement d’un’e lecteurice à l’autre. Neil Gaiman a une très jolie manière de voir les choses : “A book is a dream you hold in your hands” (Un livre est un rêve que l’on tient entre ses mains). Tout comme un rêve, il y en a des bons et des mauvais, des rêves oubliés dès le réveil et des rêves que l’on retient des années durant. J’ai envie de vous parler de ces histoires là, celles qui sont restées avec moi, celles qui m’apportent du réconfort et vers lesquelles je peux toujours me tourner quand le monde va juste un petit peu trop vite et que j’ai besoin de souffler un peu : mes livres doudous, et l’importance qu’ils peuvent avoir pour moi.

Bien sûr, cela sera totalement subjectif et les livres que j’ai pu adorer peuvent très bien vous ennuyer ferme, mais il est aussi possible que l’une de ces œuvres soit une petite révélation pour vous.

Rick Riordan
Un compagnon de longue date

Si il y a bien un auteur que je ne pourrai jamais assez remercier pour toutes les heures que j’ai passées plongée dans ses histoires, c’est Rick Riordan. Je pourrais noircir des pages entières sur toutes ses œuvres (une vingtaine de tomes, cinq sagas et plusieurs recueils de nouvelles dans cet univers) mais pour l’instant, concentrons nous sur sa première série : Percy Jackson. C’est par celle-ci que j’ai découvert son univers il y a près de dix années maintenant, je n'étais qu’au collège et même après tout ce temps et de nombreuses relectures, la magie du début est toujours là, je dirais même que ces livres n’ont cessé de prendre de plus en plus d’importance dans ma vie.  

Auteur : Rick Riordan 

Genre: Fantasy

Synopsis: Percy, un jeune garçon bien trop porté sur la nourriture bleue, pulvérise “accidentellement” sa prof de maths avec un stylo bille lors d’un voyage scolaire. Il apprend que les dieux grecs des livres d’Histoire sont réels et que ceux-ci ont des enfants avec des mortel’le’s à travers toute l’Amérique. Son meilleur ami se trouve être à moitié chèvre et son prof d’Histoire est, lui, à moitié cheval. Sacrée journée. Pire que tout, son père n’est autre que Poséidon lui même, dieu des Mers et des Océans, l’un des Trois Grands Dieux de L’Olympe. Les enfants de ces derniers sont liés à une prophétie décidant du sort du monde, de sacrées attentes à remplir donc. Vraiment il y a des jours où l’on ferait mieux de rester au lit. Il se retrouve alors bien malgré lui plongé dans une destiné de demi-dieu remplie de monstres et de quêtes mortelles, où les dieux ont décidé de ne plus lui accorder un seul jour de répit. Heureusement, il existe un endroit sûr, la Colonie Des Sang-Mêlé de Long Island, pour demi-dieux, dirigé par Dionysos, Dieu du Vin en désintox. 

Ce qui fait la force de l’univers créé par Riordan, c’est sa sincérité. Initialement une histoire qu’il racontait à son fils avant de le mettre au lit, il en a créé tout un univers où chacun peut trouver sa place. C’est après que son fils ai été diagnostiqué dyslexique et comme ayant un TDAH (trouble de déficit de l’attention et hyperactivité) que Riordan a eu l’idée de Percy, un héros lui aussi dyslexique et ayant un TDAH, auquel son fils pourrait s’identifier. Un héros avec les mêmes difficultés que lui, et mieux que tout, qui fait de ses difficultés une force. Tous les demi-dieux de cet univers possèdent une forme plus ou moins sévère de TDAH et de dyslexie et cela les rend plus forts. Leur hyperactivité leur permet d’être plus réactifs lors d’un combat contre un monstre par exemple, leur dyslexie, elle, est la cause de leur prédisposition à comprendre le grec ancien. Et c’est vraiment cette envie de donner à son fils une histoire, un monde où il se sentirait représenté et accepté qui rend ces livres si particulier. 
Percy Jackson est une fantastique série d’aventures pleine d’humour absurde, qui vous fera rire et pourrait bien vous faire verser quelques larmes de temps à autre, qui vous fera retenir votre souffle et fera battre votre petit cœur un peu plus vite. Elle vous parlera d’amitiés, de famille de cœur, d’amour, de grandes destinés de tracer son propre chemin, et bien sur, de cookies bleus. C’est une série qu’il vous sera impossible de lâcher une fois commencé. 

Cependant, malgré toutes ses qualités et tout l’amour que je lui porte, les cinq livres Percy Jackson montrent tout de même principalement des personnages blancs et hétéros. Riordan s’en est lui même rendu compte, alors, il s’est mis à écrire d’autres histoires, d’autres aventures et d’autres héro'ïne's dans cet univers, tentant d’apporter le plus de représentation possible dans un monde qui en manque cruellement. Ainsi, dans ses sagas suivantes, Kane Chronicles, Héros de L’Olympe, Magnus Chase et Les Travaux d'Apollon on retrouve de très nombreux héro’ïne’s racisé’es et queer. Des héro’ïne’s lesbiennes, gays, bi’e’s et trans, une armée de guerrières aro et ace immortelles et terriblement classes, une relation polyA, des couples d’hommes et des couples de femmes sains et bien écrits, un personnage genderfluid absolument génial et encore tant d’autres héro’ïne’s divers et, juste, si vrai. À aucun moment on n’a l’impression que ces représentations sont forcées, elles sont traitées avec justesse et on sent que l’auteur comprend l’importance de ce genre de personnages, encore plus dans de la littérature jeunesse. 

Percy Jackson est né de cette idée de pouvoir donner un refuge à son fils, et c’est ce qui a poussé Riordan à se renseigner et à tenter, toujours avec cette sincérité propre à ses histoires, de faire en sorte que chaque enfant, chaque personne qui lisent ses livres se sentent important’e’s et capable de grandes choses, que ce monde leur appartient aussi et que leurs voix comptent. Et, par dessus tout, iels peuvent y trouver leur place, parce que oui, parfois, une famille peut aussi être un dieu immortel du vin, un centaure aux goûts musicaux atroces et une bonne centaine de demi-dieux hyperactifs. Il n’y a vraiment pas d’endroit où je me sente plus chez moi qu'à la Colonie des Sang-Mêlé.

Sir Terry Pratchett et Neil Gaiman
Un coup de coeur encore tout récent

Contrairement au travail de Riordan, je ne connais les deux auteurs suivants que depuis une petite année et pourtant, il a suffit de quelques pages à peine pour me faire tomber amoureuse de leurs univers. Je connaissais déjà vaguement leurs noms mais n'avais jamais pris le temps de me plonger dans leurs œuvres. C’est grâce à la série BBC Good Omens (une merveille par ailleurs, avec Neil Gaiman lui même en showrunner, ainsi que David Tennant et Michael Sheen dans les rôles de Rampa et Aziraphale. Je recommande vivement) que je me suis enfin décidée à m'aventurer du côté de ces auteurs et bien évidemment, j’ai commencé par De Bons Présages dont est adapté la série. 

Auteurs : Sir Terry Pratchett et Neil Gaiman

Genre : Fantasy

Synopsis : Ce ne fut pas par une nuit sombre et orageuse mais bien par une nuit tout à fait ordinaire que naquit l'antéchrist dans un petit hôpital de campagne anglais, il y a de cela près de onze ans. L'Armageddon est proche, les armées du Bien et du Mal se lèvent, les quatre Motards de l'Apocalypse (bien plus commode qu’un cheval si vous voulez mon avis) prennent la route et les deux derniers chasseurs de sorcières s’apprêtent pour le combat. La fin du monde aura lieu un samedi. Samedi prochain en réalité. Une date qui ne convient franchement pas à l’ange Aziraphale, “bouquiniste en livres rare à mi-temps” et au démon Rampa, un ange n’ayant “pas franchement déchu ; disons plutôt vaguement trébuché”. Non vraiment, une date bien incommodante, cela dérangerait toutes leurs petites habitudes. Plus de balade au parc, ni de petite librairie d’occasion, et encore moins de dîner au Ritz. Quelle horreur ! Ne vous inquiétez pas, ce sont l’ange et le démon les plus incompétents de toute la Création.

Vous est-il déjà arrivé de regarder un film, une série ou de lire un livre et de juste adorer un ou deux personnages secondaires qui n'ont qu’une très vague idée de ce qu'il peut bien se dérouler pour les héros, mais juste de trouver ces personnages si attachants et géniaux que vous préféreriez avoir une histoire basée sur eux plutôt ? C'est ça De Bons Présages et c'est absolument jouissif. Rampa et Aziraphale n’ont absolument aucune idée de ce qu’il peut bien se passer mais semblent pourtant toujours se trouver à l’endroit où les choses se passent. Et c’est cela qui me fait tant apprécier ce livre.
Aziraphale et Rampa ne sont pas mû par une quelconque prophétie ancestrale pour tenter de sauver ce monde mais, c’est bien parce que ce sont deux personnes si à l’aise et confortables dans leur petite routine mutuelle, qu’ils sont prêt à tout, jusqu'à empêcher le Grand Plan lui même, pour ne pas avoir à les changer. Honnêtement, j’aurais fait pareil. Ils n’ont clairement pas le temps pour ces histoires d’apocalypse et d'ennemis héréditaires, alors qu’ils pourraient simplement se retrouver pour boire du bon vin, écouter de la musique et vivre leur petite vie. 

De Bons Présages, c’est simplement une histoire d’amour. Une histoire d’amour entre un ange et un démon. Une histoire d’amour entre des êtres immortels et la Terre et tout ce que celle ci peut offrir. Une histoire d’amour entre une personne et la simple douceur de son quotidien et l’envie de n’en changer pour rien au monde. C’est une histoire d’humains et d’immortels qui préfèrent vivre comme eux l’entendent plutôt que de se plier aux attentes de qui que ce soit, de profiter pleinement de la vie qu’ils se sont créé. Bien sûr, à tout ça, rajoutez la plume et l’imaginaire sans limite de Gaiman et Pratchett et ce sont juste quelques centaines de pages pleines de cet humour typiquement anglais et absurde que j’aime tant. Quelques centaines de pages pleines d’amour et de douceur qui font juste tellement de bien. Je ne connais pas ce livre depuis très longtemps, mais dès que j’ai tourné la dernière page, j’ai eu envie de le relire et de lire plus encore de ces auteurs. 
L’amour qui émane de ce livre en fait vraiment un objet spécial, Neil Gaiman aime beaucoup plaisanter sur le fait qu’en séance de dédicace, ce sont des centaines de copies cornées, à moitié déchirées ou même toutes gondolées après être tombées dans le bain qu’il signe. Ce sont des copies qui ont été lues et relues et lues encore. C’est un livre que l’on recommande, que l'on prête à un ami et qu’on ne revoit jamais plus, volé par l’ami en question qui ne veut plus le lâcher. C’est un livre qui parle d’amour sous toutes ses formes et dont le but est assez simple : simplement amener les gens à apprécier leur quotidien, leur routine et leur petite vie simple avec ceux qu’ils aiment. 

Je pense vraiment qu’il s'agit d’une très bonne entrée en matière dans le travail de ces auteurs et je ne pourrai que vous recommander, par la suite, de vous attarder juste un peu sur leurs mondes. Il y a tant à lire et découvrir, je suis encore loin d’en avoir fait le tour, mais ces livres et ces auteurs ont déjà pris une très grande place dans mon quotidien, j’ai toujours au moins une de leurs œuvres respective dans ma pile à lire. Pour vous donner quelques idées, j’ai un attachement tout particulier aux livres jeunesse de Gaiman: Coraline, L’étrange Vie de Nobody Owens ou bien encore Odd et les géant de Glaces dont l’atmosphère mystérieuse, enchantée et légèrement sombre vous happe complètement dans l'histoire en quelques lignes. Quant à Pratchett, comment ne pas parler de ses Annales du Disque Monde, une saga de fantasy d’une quarantaine de tomes dont l'imagination est sans limite. Je vous rassure, ce n’est pas une histoire continue, seulement une multitude d’histoires se déroulant dans le même univers, avec parfois des personnages récurrents, mais dont chaque tome se suffit à lui même. Il n’est pas nécessaire de tous les lire pour avoir la fin de l’histoire. L'humour y est toujours au point et serait bien capable de vous faire reposer votre livre quelques minutes le temps d’un fou rire. 

Une vie de lecteurice, c’est une vie remplie de nouvelles découvertes, d’auteurices qui se feront une place dans votre quotidien, certains pour quelque temps, d’autres pour toute une vie. La bonne nouvelle, c'est que même après des années, il est toujours possible de retrouver l'excitation des premières lectures. Il y aura toujours des auteurices qui vous feront rire et pleurer, vous aideront et feront battre votre petit cœur un peu plus vite. Iels n'attendent que vous, il suffit juste d'être assez curieux pour les trouver, alors lisez. Lisez ce qu'il vous plait, ne faites pas attention à ce que les autres pourraient bien en penser. Lisez et cultivez-vous ! 

Manuela
Article corrigé par Mahikan

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