[Jeux Vidéo] ITTA

Tout commence par une chute interminable. Et tout se finira aussi ainsi. En attendant, il vous faut vous réveiller et, alors que vous ouvrez les yeux, c’est sur les corps ensanglantés de votre père, votre frère et votre petit chat Koki que votre regard se pose.

C’est sur cette vision d’horreur que ce magnifique jeu poétique commence. Poétique, mais aussi et surtout exigeant. Car oui, ce joli petit jeu, derrière ses personnages aux visages joyeux et gentils, cache un vrai challenge.

Laissez-vous donc tomber sous son charme et accrochez-vous : en avant pour ITTA !

Notre héroïne chutant dans le néant.

Un gameplay nerveux et précis

Et encore, c’est peu dire. ITTA se présente comme un dual stick shooter mais avec la particularité de ne proposer que des combats de boss. Ici, pas de mobs, d’ennemis servant à remplir les niveaux, uniquement des boss.

Niveau contrôles, rien d’extraordinaire, c’est simple et efficace : une touche pour tirer, qui restera quasiment toujours enfoncée, une pour esquiver et une pour changer d’arme (en vrai, il y en a deux pour changer d’arme, pour faire défiler la roue des armes à gauche et à droite, j’y reviendrai). Le reste dépendra de vos déplacements et de votre précision dans ceux-ci.

Niveau vie, vous commencez avec 2 points de vie représentés sous forme de cœurs blancs. Vous êtes soigné après chaque combat et vous avez la possibilité d’aller jusqu'à 6 cœurs en trouvant et ramassant des runes.
Cependant, vous pouvez aussi avoir des cœurs rouges, ceux-ci étant du même nombre que vos cœurs blancs, et servant de bouclier avant d’entamer ceux-ci. Par exemple, à 3 cœurs blancs, vous pouvez accumuler 3 cœurs rouges de bouclier. Donc, au maximum, à 6 cœurs, vous pourrez encaisser 12 coups avant de mourir. Croyez-moi, ce n'est pas beaucoup 12 coups. Et pour gagner ces petits coeurs-boucliers, il vous faudra faire des câlins aux moutons. Ok, ce n'est pas la seule façon d’en gagner, mais c’est la plus mignonne.

On n'est pas bien, là ?

Venons-en aux boss. Le jeu est ce qu’on appelle un Bullet Hell, donc, pour ceux extérieur au terme, un jeu où il vous faudra esquiver des nuages de projectiles tout en tirant sur l’ennemi. Oui, c’est là ou ça se corse. Ici, pas de recyclage, tous les boss ont des attaques avec des trajectoires de projectiles différentes, il vous faudra donc passer par une étape, très souvent liée à une série d’échecs, d’apprentissage du patterns de chaque boss.

Ouais, c'est super dur de prendre des screens pendant le combat.

Et pour vaincre vos adversaires qui vous donneront du fil à retordre au travers de 18 combats, vous aurez pour vous 8 armes qui seront à trouver et débloquer. Un arsenal d’ailleurs très varié, vous aurez des armes de corps-à-corps, des armes de jet, en passant par autre fusil à pompe et lance flamme.

La roue des armes permettant d’en changer.

Un game design au service de l’histoire

Et ce n’est pas pour me déplaire ! Comme un peu chaque jeu que je présente, j’en ai bien peur, nous retrouvons ici une œuvre en pixel art. Malgré les traits très simplistes de notre héroïne, le monde regorge, lui, de détails en tous genres, les personnages sont d’ailleurs aussi très bien travaillés et les différentes scènes sont surprenantes de beauté.

Ici, l’univers est très ouvert, il n’y a pas d’ordre pour faire les boss, vous êtes libre d’arrêter de vous acharner sur un et revenir plus tard, quand vous aurez plus de vie. Forcément, tous ne sont pas accessibles dès le début : certains passages et certaines portes demanderons d’avoir gagné contre 3 boss, par exemple.

Le monde est divisé en 3 zones qui sont d’ailleurs vraiment somptueuses. Il vous faudra donc le fouiller et trouver les différents personnages à qui parler pour reconstruire l’histoire d’Itta, mais aussi de ce monde étrange.

Votre première rencontre

Toutefois, vous pouvez aussi rush les boss, rien ne vous y empêche, mais sachez que vous allez passer à côté d’une belle histoire, poétique et touchante.

Notez aussi la présence de petites énigmes pour avoir accès à certains lieux et boss, mais rien d’insurmontable.

De plus, vous aurez rapidement l’accès à une jauge sous votre vie. Celle-ci se remplit quand vous esquivez de justesse les projectiles et, une fois pleine, vous rend invulnérable. Là encore, vous aurez possibilité de l’améliorer en fouillant le monde.

La barre est pleine, la créature sort, je vais être invulnérable. Intrigant n’est-ce pas ?

Une histoire sur la mort

Tout commence par une chute interminable. Et alors que vous vous réveillez, la première chose que vous voyez est votre famille morte. Enfin, pas toute, car votre mère est absente. C’est alors qu’un esprit fait son apparition.

C’est peu de le dire.

Apparemment, il a été appelé avant le massacre. Par votre père ? Non. Par votre frère ? Non plus. Mais alors… ? Oui, il a bien été appelé par votre petit chat Koki. Et c’est de son apparence que cet esprit va s’apprêter pour vous suivre, flottant dans les airs, faisant de petites pirouettes et s’amusant dans le décor pendant que vous vous perdrez dans ce monde labyrinthique et mystérieux.

Mais c’est qu’il a toujours raison, ce chat !

Ayant prévu que les ennuis arriveraient, votre nouveau compagnon vous créera votre première arme spirituelle en utilisant le revolver de votre père. Et c’est ainsi que vous vous lancerez dans l’exploration de ce monde, au début à la recherche de votre mère. Vous y croiserez beaucoup d’autres personnages comme un vieil homme, un berger, une cartographe, mais aussi d’autres créatures plus atypiques comme des golems, des unités d'intelligence artificielle. Vous pourrez aussi découvrir ce qu’est cet endroit et les races plus anciennes qui l’ont peuplé.

Un gentil fantôme. Enfin, je crois. C’est un fantôme n’est ce pas ?

Mais vous allez surtout vite comprendre que, aussi beau soit le paysage, aussi paisible y soit la vie, quand on ne peut en sortir, ça reste une prison. Le sujet traité ici n'est autre que la mort. Et avec tout ce qu’elle implique : le deuil, l’acceptation, l’oubli, le temps qui passe...

En conclusion

Glass Revolver nous propose ici un jeu fort, très touchant et ce d’autant plus quand Jacob Williams, l’unique personne derrière cette œuvre, nous parle en disant qu’ITTA est un jeu inspiré de ses propres luttes, où il faut aller de l’avant, peu importe ce que l’on endure sur le chemin.

D’un point de vue difficulté, il faut un petit peu persévérer mais tout reste accessible. Notons d’ailleurs que le développeur reste très à l’écoute de sa communauté et, à l’heure où j’écris ces lignes, un patch est déjà sorti pour rendre un boss plus facile, celui-ci demandait un peu trop de réflexe. Je peux donc noter dans ma liste des exploits : avoir fini ITTA pré-patch.

En résumé, ITTA lie avec magnificence un gameplay nerveux et proposant du challenge avec une histoire maîtrisée et travaillée, porteuse de sens.

Coltivatevi ! (On m’a dit que ça voulait dire "Cultivez-vous" en italien, mais comme je ne parle pas la langue, je vais croire cette personne, sinon ma blague tombe à l’eau.)

Tieffeline
Article corrigé par Mahikan

ITTA

Genre : Bullet Hell

Date de Parution : 22 Avril 2020

Développeur : Glass Revolver

Éditeur : Armor Game Studios

Support : PC, Nintendo Switch

Prix : 15€ sur Steam et le Nintendo eShop

 

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Tieffeline

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Je lis, je bois du thé et je fais des ratures, c'est ça ma littérature.
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