[Jeux de société] Kakerlaken sushi

Bonjour bonjour !
Une fois n’est pas coutume, je suis dans une période jeux de société, alors je profite de ce petit moment pour partager avec vous un jeu que j’ai pu tester récemment : Kakerlaken Sushi de son petit nom, soit littéralement "Cafard Sushi" en français, produit par la boîte allemande Drei Magier.
Ce jeu n’est pas sorti en France au moment où j’écris ces lignes donc comme je ne suis pas sadique au point de vous parler d’un jeu que vous ne pouvez vous fournir qu’en Allemagne, j’attendrai sagement sa sortie dans le pays du Camembert pour publier cet article (en espérant que la sortie arrive, sinon Ipemf va me maudire pour l’ascenseur émotionnel).

Boîte de Kakerlaken Sushi - Tourelle de Symmetra pour échelle.

Dans un premier temps, je vais vous présenter un peu Kakerlaken Sushi.
Il s’agit d’un jeu de discrimination (formes, couleurs, localisation), de coordination et de rapidité. Les objets nécessaires à la partie sont fournis en intégralité, et sont composés d’un livret de règles, du « Maître Sushi », c’est-à-dire un jouet en plastique qui émet un bruit lorsqu’on le comprime, de neuf assiettes dont les 2 faces diffèrent, de jetons poissons et d’une paire de dés à 6 faces (voir photo n°2).
Le jeu se déroule de la manière suivante :
Un’e joueureuse lance les deux dés. L’un indique un objet (bol de riz, makizushi ou baguettes), l’autre une couleur (rouge, jaune ou vert). Dès que les dés sont lancés, le but est d’identifier sur les assiettes existantes (initialement situées autour du Maître Sushi) la seule assiette qui ne contient ni la couleur, ni l’objet désigné par les dés. Læ premier’e joueureuse qui tape sur l’assiette correspondante la retourne, ce qui permet de vérifier qu’il s’agit de la bonne combinaison. En effet, sur l’autre face se trouve un animal usuellement perçu comme nuisible (cafard, fourmi ou rat), brandissant le plat indiqué sur le premier dé, de la couleur indiquée sur le second dé, dans le cas où il s’agit bien de la bonne assiette (voir photo n°3). Si la combinaison est bonne, alors læ joueureuse place l’assiette retournée (donc avec l’animal visible) devant ellui. La personne suivante (sens horaire en commençant par la personne la plus jeune) lance alors les dés.
Dès lors, plusieurs cas de figure sont possibles :
Si, lors du lancer de dé suivant, les dés indiquent une assiette encore placée près du Maître Sushi, alors les mêmes règles énoncées précédemment s’appliquent pour toustes les joueureuses. En revanche, si la combinaison indique une des assiettes déjà placées devant quelqu’un, alors le but est d’être la première personne à s’emparer du Maître Sushi. Mais, histoire de pimenter un peu le jeu, il faut également distinguer deux cas de figure : si la personne qui attrape le Maître Sushi possède l’assiette indiquée, elle doit immédiatement faire couiner ce dernier. En revanche, si c’est une personne qui n’a pas l’assiette qui s’en saisit, il ne faut surtout pas le faire couiner. Enfin, dans tous les cas, la personne qui s’en empare doit immédiatement indiquer le nom de l’animal dessiné sur l’illustration – cafard, fourmi ou rat, donc, si vous avez bien suivi.
Si la personne la plus rapide a respecté toutes ces règles et ne possédait pas l’assiette, elle s’empare de cette dernière et la place devant elle. En revanche, s’il s’agissait de la personne qui avait déjà l’assiette, elle doit reposer l’assiette près du Maître Sushi comme initialement, et peut s’emparer d’un jeton poisson (voir photo n°4). La partie continue ensuite jusqu’à ce que quelqu’un obtienne 4 jetons poissons.

Matériel nécessaire pour une partie. Les assiettes sont disposées comme pour le début de la partie, autours du Maitre Sushi, face assiette visible.

Ce jeu m'a énormément plu, pour plusieurs raisons.
Premièrement, les règles sont très bien expliquées dans le manuel, ce qui permet de facilement les comprendre et les appliquer. La grande majorité des erreurs que les joueureuses peuvent faire sont anticipées et indiquées dedans (que faire si la personne n’a pas fait couiner le Maître Sushi ? A hurlé « putois » au lieu de « fourmi » ?) avec la pénalité correspondante, permettant de facilement régler les problèmes pouvant être rencontrés lors de la partie.
Ensuite, j’aime beaucoup la façon dont ce jeu prend la tête. Le fait de devoir chercher l’inverse de ce qu’indiquent les dés est forcément plus compliqué (c’est comme vous dire « vite, ne pense pas à des chats ! »), surtout que dès que quelques assiettes sont obtenues par les joueureuses, il faut à la fois chercher l’inverse des dés près du Maître Sushi ET au contraire la combinaison indiquée par les dés dans les pattes de nos nuisibles préférés. Il en est de même avec le Maître Sushi où on peut très vite s’emmêler les pinceaux : couiner or not couiner, telle est la question. Le jeu peut donc générer de nombreuses crises de fous rires et de consternation devant les échecs de notre cerveau à analyser des notions en apparence simples ou à se coordonner correctement.
Enfin, justement parce que ce jeu occupe déjà bien nos petites cellules grises, il en reste assez peu pour développer une ambiance compétitive. Comme il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, ça ne laisse pas le temps de se demander si Georgio a une paire d’as dans sa main (en plus, ça n’a rien à voir avec le jeu dont on parle). Globalement, ça se déroule en : Lancer de dé – analyse de la couleur des dés – recherche de la bonne assiette - être assez rapide pour exercer la bonne combinaison d’action (ou se faire devancer) – vérification que c’est la bonne assiette et que c’est la bonne combinaison d’actions. Sur les parties que j’ai eu l’occasion de jouer, cela mène plutôt à une complicité entre les joueureuses (basée en grande partie sur nos échecs personnels) qu’à un esprit de compétition. Peut-être qu’il en serait autrement si vous tentez l’expérience avec Matthieu-Paul, votre cousin mauvais perdant notoire, ou si un membre de votre groupe était ostensiblement plus rapide ou plus lent que tous les autres – auquel cas je recommande d’écourter l’expérience pour éviter qu’elle ne tourne au vinaigre de riz (ingrédient toutefois essentiel si ce jeu vous donne envie de cuisiner des sushis). Quoi qu’il en soit, pour une personne qui n’apprécie que très peu les jeux basés sur la compétition, à mes yeux Kakerlaken sushi propose un très bon équilibre.

Les 9 assiettes du jeu, certaines étant retournées pour montrer la face contenant l'animal et/ou la combinaison à trouver.

Usuellement, j’utiliserais un troisième paragraphe (celui-ci, donc), pour vous parler de ce que je n’ai pas aimé. Sauf que… Il n’y a pas grand-chose à dire ici. Il est possible que mon amour de longue date pour la cuisine japonaise rende flou mon jugement, toutefois pour le moment je ne vois pas quoi reprocher. Je reconnais avoir eu légèrement peur, en recevant le jeu, que celui-ci soit basé sur des clichés racistes vis-à-vis des personnes ou de la culture asiatique, ce qui est fréquent. En tant que personne ayant peu été victime de racisme anti-asiatique, je ne suis pas une référence sur le sujet. Toutefois aucune des craintes que j’ai pu avoir concernant ce jeu ne se sont avérées, ce qui est, bien évidemment, plutôt agréable.
(Voilà, c’est le plus négatif que j’aie pu trouver, je peux conclure maintenant ?)

A la maison, on est tellement corporate que même quand on veut vous montrer en détail les Jetons Poisson, ces derniers font une référence à notre nouveau nom, Le Porte-Voix !

Somme toute, Kakerlaken sushi est un jeu amusant sur tous les points, du gameplay au design, que je recommande chaudement. Mélange improbable entre un Jungle Speed, un jeu de dés et un Memory, il sollicite les capacités cognitives ET motrices, à l’origine d’un joyeux capharnaüm qui ne laissera sur sa faim que votre estomac.
Mon moi du futur m’indique, au moment où j’écris cette conclusion, que le jeu coûte actuellement un peu moins de 13 euros sur le site de Philipert et si l’on me demandait conseil, je considérerais qu’il les vaut totalement. Je ne peux donc que vous le conseiller si jamais vous envisagez de le tester, en vous souhaitant autant d’amusement que de mon côté.
Sur ce, prenez soin de vous et, si vous le pouvez, cultivez-vous !

Hel

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Hel

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