Les Poissons de l’années de Shark – édition 2019

Bonjour à tous et à toutes.

Encore une année qui se termine et il est l’heure de faire un bilan de ce qui a pu être fait. Peut-être certains en profiteront pour ressasser les même bonnes résolutions que l’année passée ou d’autres essaieront de savoir quelle est la meilleure série de la décennie. Quoi qu’il en soit, je me permets de proposer sans prétention une liste des œuvres qui m’ont marqué et encore une fois, à cause de mon temps limité, j’ai plus joué qu’autre chose. C’est pour cela que cette année encore, je ressors mes prix pompeux, des poissons, car plus économiques, aux oeuvres qui m’ont marqué durant l’année. Préparez-vous, c’est l’heure des Poissons de l’année 2019.

 

Les poissons des films d'animation de l’année

Or : Promare

Il existe des films que l’on attend depuis un moment, car le concept, les visuels et l’équipe ayant travaillé dessus attirent l’attention du connaisseur : Promare en est un. Qui plus est, il a même de quoi attirer le fan de Gurren Laggan puisqu’il a le même staff et un protagoniste ressemblant à Kamina. Nous nous attendions donc à une seconde version de notre anime de mecha avec des pompiers affrontant des mutants incendiaires.

Finalement ce n’est pas exactement ce que nous avons eu. Déjà, Promare se distingue visuellement par ses designs colorés et éclatants, avec ses flammes vertes et violettes néons, ses effets exubérants géométriques et ses personnages excessivement charismatiques et habillés pour les fortes chaleurs. Le film est une folie visuelle, le spectateur ne sait pas où poser les yeux tant chaque instant est intense, mettant nos cerveaux en ébullition. Il est aussi accompagné par l’excellente bande-son de Hiroyuki Sawano (qui a notamment travaillé sur Kill la Kill et Blue exorcist) qui donne à certaines séquences un côté « clip musical » décuplant l’impact de celles-ci.

Mais Promare n’est pas qu’un simple délire décérébré. Prenons tout d’abord comme exemple le début où nous avons une représentation de trois villes dont Paris. Il est intéressant de voir que ce qui nous est montré est un logement miteux, loin des clichés, dans lequel un mari bat sa femme enceinte. Aussi, à un certain moment, il est question d’une loi anti-terroriste qui permet d’arrêter à peu près tout ceux que l’autorité policière désire et il est assez aisé de faire un parallèle avec ce qu’il se passe en France et ailleurs dans le monde. De plus, l’opposition entre le protagoniste et l’antagoniste est bien plus fine et intelligente que dans Gurren Laggan. Même si par certains aspects le dit antagoniste se comporte en méchant, il a le même but que les héros : sauver l’humanité. La question ne se porte donc pas sur son objectif, mais les manières d’y parvenir et donc l’éthique des moyens mis en place.

En résumé, nous attendons avec impatience la sortie du film en Blu-ray : malgré une sortie assez confidentielle le 31 juin, il a su conquérir un certain public si bien qu’il passe encore au cinéma parisien le Brady à l’heure où ces lignes sont écrites.

Argent : Liz et l’oiseau Bleu

Nous passons donc du coq à l’âne désormais avec Liz et l’oiseau bleu : un film contemplatif, spin-off d’une série dont je vous avais déjà parlé, à savoir Hibike Euphonium. Il s’agit du dernier film en date de la talentueuse Naoko Yamada qui avait réalisé entre autres K-on et A Silent voice.

Le film raconte la relation entre deux personnages secondaires de la seconde saison de Hibike Euphonium, Nozomi et Mizore, ainsi que l’évolution de leur amitié que le spectateur pourrait qualifier de « presque romantique ». Pour traiter le lien et l’évolution des personnages le film utilise d’abord la pièce qu’elles vont devoir interpréter ensemble : le morceau Liz et l’oiseau bleu. Cette histoire est racontée en parallèle, dans un style “livre pour enfant” tranchant avec le réalisme de la vie courante. Pour pouvoir comprendre chaque détail, le spectateur doit être attentif : chaque éléments, chaque expressions, aussi subtile soient-elles, sont superbement dessinées. Le film vaut autant par ce qu’il dit que parce qu’il montre. Il exprime aussi les sentiments de Nozomi et de Mizore via la musique, car leur manière de jouer, leurs rythmes et leurs erreurs retranscrivent parfaitement leurs émotions.

Liz et l’oiseau n’est pas la meilleure œuvre de Naoko Yamada, mais elle réussit avec brio à toucher le cœur du spectateur. Mais les qualités du film ne sont pas l’unique raison pour laquelle je voulais en parler : il s’agit aussi de la dernière réalisation de Kyoto Animation avant l’incendie criminel de cet été. Si vous n'étiez pas au courant : le 18 juillet de cette année, un homme a mis le feu à un des bâtiments du studio, tuant 35 personnes et blessant une trentaine d’autres. Ce drame humain a marqué le monde de l’animation, car le studio Kyoani est devenu avec le temps une référence en terme de qualité d’animation avec des séries comme K-On ou La Disparition d’Haruhi Suzumiya mais aussi un modèle de gestion avec des employés bien mieux traités que dans la plupart des studios d’animation (ce qui n’est pas compliqué ceci dit) et un business model exemplaire.

Je voudrais que l’on profite de l’occasion pour avoir une pensée pour les victimes et leurs proches. Pour ceux qui en ont le désir, il y a aujourd’hui  diverses manières de les soutenir, via des dons, l’achat de produits ou d’autres initiatives comme le fanzine français sur Kyoani dont les revenus seront reversés au studio.

Poisson du jeu de l’année :

Fire emblem Three Houses.

Je pense que le meilleur résumé que l’on puisse faire du jeu sont les images de celui-ci sur l’onglet des news de la switch où l’on y voit des personnages d’animés fort élégants, l’arme à la main, prêts à en découdre. J’imagine que pour les néophytes cela peut sembler caricatural, mais en tant que fan de la série, je vous assure que c’est exactement ce que l’on recherche : des combats, du drama et des personnages charismatiques.

Sur le papier, FE Three Houses est un jeu de stratégie au tour par tour assez classique, les séquences de combat n’étant pas bien différentes des opus 3DS. Ce que le jeu va changer par rapport à la série de base, c’est tout ce qu’il y a autour. En premier lieu, on note l’apparition d’un côté jeu de gestion très prononcé puisque, désormais, le gros des troupes ne sont pas des soldats expérimentés que l’on recrute, mais des apprentis officiers que l’on va former au combat selon leurs affinités. Par exemple quelqu’un encaissant facilement les coups, frappant fort et lent fera un bon tank : un rôle qui ne serait pas adapté à la petite chips qui a une statistique de magie ridiculement élevée. C’est avec un certain plaisir que l’on remplit notre rôle de professeur et il est très gratifiant de voir que nos prises de décisions faites en début de jeu finissent par payer et que nous réussissons à constituer une équipe de maîtres de guerre. Ce système de gestion va de paire avec un système de relations sociales inspiré des Persona. Il est archaïque, certes, mais il permet de se familiariser avec une impressionnante galerie de personnages, de s’y attacher et de recruter ceux qui ne sont pas dans notre maison.

Et oui, si je parle de maisons, c’est parce que l’académie est organisée un peu comme dans Harry Potter : avec 3 maisons distinctes et leurs valeurs bien à elles. Au début du jeu le joueur devra choisir là où il devra enseigner. C’est un choix important : les scénarios sont différents pour chacunes des maisons avec leur lot de drame, de sang versé et de moments plus légers. Si l’on omet la pauvreté technique du titre, on ne peut que constater que, chez Nintendo, ils ont su moderniser une licence qui est passée de série mourante avant Fire Emblem Awakening à licence phare, et ça, c’est fort.

Poisson de la surprise surprise de l’année :

Apex Legends

Je suis un grincheux qui se refuse à jouer aux genres à la mode : j’ai résisté à l’appel de mes amis sur PUBG et je frissonne à l’idée de toucher à Fortnite (et surtout de jouer avec des enfants). Pourtant, j’ai cédé à la tentation de jouer à un Battle Royal, un jeu EA qui plus est ! Et oui, j’ai péché. En même temps, celui-ci est tentant avec son univers venu de Titanfall et son concept de Battle Royal en équipe. Bref, j’ai joué à Apex Legend.

Il s’agit donc d’un Battle Royal, BR pour les intimes, un genre où une grande quantité de joueur est parachutée sur une carte immense où ils doivent trouver de l’équipement pour écraser la concurrence. Sur le papier, c’est assez simple, mais dès les premières parties nous pouvons vite nous rendre compte qu’arriver au top 1 demande de l’entraînement. Voilà donc le principe de base.

Apex reprend assez fidèlement cette recette et ajoute plusieurs éléments. Déjà on ne joue pas tout seul puisque les parties d’Apex se font entre des équipes de trois personnes, ajoutant donc une dimension coopérative. Il est important de jouer avec ses coéquipiers, ils peuvent couvrir vos arrières, vous préparer une élimination, vous remettre sur pieds si vous êtes au sol, ils peuvent vous ramener à la vie en utilisant la balise de respwan (à condition bien sûr qu’ils sachent jouer en équipe). De plus, pour assurer la coopération au sein de l’équipe, Respawn Interactive a trouvé un système ingénieux de communication non verbal : le ping. Une touche est assignée à ce ping et en fonction de l’objet que vous regardez, il indique différentes choses comme un endroit où aller, un objet utile ou la présence d’un ennemi. L’avantage de ce système est que l’on peut aisément communiquer même si on n’a pas envie de parler et il est tellement facile à utiliser que l’on pleure son absence lorsque l’on passe à un autre jeu.

En somme il s’agit d’un bon free-to-play, agréable et nerveux, qui utilise l’excellente mécanique de gunfight de Titanfall pour rendre l’action excitante, on peut malgré tout trouver que le jeu essaie beaucoup de nous faire passer à la caisse, mais bon c’est la mode j’image.

Le prix de l’archaïsme

Or & bronze à la fois Pokémon épée & bouclier

En voilà une série que l’on ne présente plus, peut-être parce qu’il s’agit d’une des licences les plus rentables de la décennie. Toujours est-il que je vous en parle aujourd’hui. Alors oui, c’est un bon Pokémon, c’est un bon jeu, il est meilleur que soleil et lune, bien rythmé, le dynamax est une bonne idée et la musique est folle. Je pense que vous avez dû en entendre parler, mais ce qui m’a marqué avec ce jeu, c’est à quel point il me semble daté.

Déjà, le jeu n’est pas bien joli. Le problème n’est pas la direction artistique, qui est assez mignonne et colle parfaitement à l’ambiance britannique du titre, mais les textures sont basiques, parfois baveuses, parfois trop lumineuses (je pense notamment aux arbres à baies.), les modèles 3d des décors sont aux mieux simplistes et les collisions parfois hasardeuses. Bon soit, c’est pauvre techniquement, mais il n’y a aucune raison pour que, même en docké, le jeu souffre de baisses de framerate dans les terres sauvages. La Switch est tout de même capable d’afficher sans trop de problèmes un jeu comme Breath of the Wild, nous sommes quand même en droit de se demander comment ça se fait qu’elle rame dans un environnement grand comme un village breton. De plus, le jeu se paye le luxe de nous offrir un joli clipping et on voit donc les humains et les pokémons apparaître 10 mètres devant nous, là où il n’y a avait rien avant.

Aussi l’autre point de fâcherie de ce Pokémon est tout ce qui touche aux menus qui sont assez similaires à ceux de Soleil et Lune. Le problème est que ceux-ci manquent parfois de clarté et surtout d’unicité dans les raccourcis et les touches. En fonction des sous-menus, les commandes ne seront pas les mêmes et pour un JRPG où nous utilisons souvent les interfaces, c’est assez dommageable.

Le problème de Pokémon Épée & Bouclier n’est pas que c’est un mauvais jeu, c’est tout le contraire même et j’ai d’ailleurs pris plaisir à le parcourir. Le souci est qu’il donne l’impression d’avoir une décennie de retard : il arrive des années après d’excellents jeux ayant un public plus restreint, ayant des interfaces et des visuels bien plus travaillés. On peut prendre comme exemple Persona 5 et Octopath Traveller. Il serait temps que la série se mette à la page, je ne suis pas sûr que le public pardonne éternellement les archaïsmes de la série.

Le poisson de l’early Access

Risk of Rain 2

L’early access, je sais, c’est acheter une promesse, un produit dont on ne connaîtra jamais réellement la qualité réelle avant la sortie définitive. Et pourtant, je n’ai pas pu résister aux sirènes de la suite du jeu de Hoppo Games.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Risk of Rain est à l’origine un Rogue Lite en 2D vue de côté où le joueur contrôle un malheureux dont le vaisseau s'est écrasé sur une planète inconnue hostile. Hostile dans le sens où à peu près tout les êtres vivants collaborent pour occire notre personnage.

Risk of Rain 2 décide d’adapter la formule pour en faire un TPS et donc un jeu en 3D. Nous étions nombreux à avoir peur du résultat et les développeurs nous auront bien fait mentir. On retrouve tout ce qui fait le charme du jeu originel : les premières parties sont assez brutales envers le joueur et on rencontre assez vite notre fin. Mais en enchaînant les parties et en débloquant des objets, on finit par connaître les environnements et nos ennemis et notre espérance de vie augmente sensiblement si bien que l’on finit par virevolter gracieusement au milieu des ennemis, chargé comme une mule d’objets et d’armes, avant de mourir stupidement encore une fois.

Le jeu arrive à être lisible malgré la grande quantité de monstres présents à l’écran, c’est en partie grâce à la direction artistique tirant vers le low poly, les décors ne sont pas surchargés et les ennemis colorés ce qui nous permet de distinguer clairement ceux qui veulent notre peau. On retrouve aussi à la bande son l’excellent Chris Christodoulou qui nous sert une fois de plus des musiques électro parfaites pour l’exploration d’une planète meurtrière.

Comme dit plus haut, le jeu n’est pas encore fini, il lui reste quelques défauts comme son multijoueur. Il est pensé pour, mais si vous voulez jouer avec vos amis, sachez que si l’un de vos camarades meurt tôt dans la partie, il ne pourra que vous regarder vous amuser, et ce même si la session dure plus d’une heure ce qui n’est pas très intéressant. Aussi, il manque la fin du jeu, mais si vous avez apprécié le premier Risk of Rain je ne peux que vous conseiller la suite.

Le poisson du rattrapage

Décerné au jeu que j’ai fais en retard.

Persona 5

Tout a déjà été dit sur le roi de la génération en terme de JRPG au tour par tour et pourtant, ce n’est que cette année que j’ai pu mettre ma main dessus et quelle claque ce fut.

La première chose qui m’a marqué c’est à quel point le jeu sait être élégant dans sa présentation : les menus sont des œuvres d’art à part entière et réussissent à rendre quelque chose de purement utilitaire extrêmement dynamique mais aussi à l’accorder parfaitement aux thèmes du jeu, au point où les menus racontent eux aussi leurs propres histoires. Cette science du design se retrouve bien sûr durant les combats où la liste habituelle de commande est remplacée par une interface où un bouton correspond à une action, ce qui dynamise encore plus l’action donnant l’impression qu’on joue à un action RPG et non à un tour par tour.

Cette excellence artistique est bien sûr présente visuellement et musicalement. Tokyo est superbement représentée et rend bien les sensations qui se dégagent des lieux iconiques de la capitale japonaise et les palais. Les donjons du jeu sont dans l’ensemble de superbes labyrintes que l’on prend plaisir à explorer. Le tout est suivi par le compositeur de la série Shoji Meguro qui signe la bande-son.

Malgré quelques longueurs, notamment avec une fin de jeu un peu en deçà, il est une référence du jeu de rôle moderne et c’est avec impatience que nous attendons sa version améliorée, Persona 5 Royal.

 

Il a été assez difficile de sélectionner ces quelques œuvres, je n’ai pas parlé des Enfant du Temps (Tenki no ko) par exemple, car il n’est pas encore sorti de manière régulière et j'ai omis nombre de jeux, car il y avait tant de bonnes choses sorties cette année qu’il nous faudrait une dizaine de pages pour en parler, on pourrait citer le surprenant Cadence of Hyrule ou Death Stranding que j’ai à peine commencés. L’année suivante s’annonce tout aussi chargée vidéoludiquement, au point où nous pouvons nous demander si nos bourses y survivront.

Quoi qu’il en soit je clos cette pompeuse cérémonie, vous souhaite une bonne année et cultivez-vous !

Sharksymphonie

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Sharksymphonie

Shark est un passionné d'animation japonaise de manga et de jeu vidéo. Besoin d'en dire plus?
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