[Série] The Walking Dead Saison 7 – la quintessence de l’ennui

Attention, l'article qui suit évoquera des sujets tels que la mort, le sang et le viol (comme la série traitée).

Bonjour à toutes et à tous !
La septième saison de The Walking Dead vient de s’achever et il est grand temps de revenir dessus en compagnie du camarade Unfl0w !
Évidemment, le spoiler sera de mise donc protégez vos mirettes !

Le cas de cette saison 7 est particulier. En effet, elle ne partait pas gagnante après la grogne de certains fans concernant le cliffhanger de la saison précédente. Qui allait subir le coup de batte funeste de Negan ? La série va-t-elle suivre les comics ou s’en éloigner pour sauver notre Glenn adoré ? Eh bien coup de grâce pour les plus sensibles, les showrunners ont décidé d’aller plus loin en éliminant ce cher Abraham *sanglots de Ipemf* ET Glenn *sanglots de Unfl0w*. Pour beaucoup ce fut la violence de trop (s’attaquer au visage d’un personnage populaire est toujours dangereux, souvenez-vous de la saison 4 de Games of Thrones) et la série enregistra donc par la suite une baisse d’audience record.
Pourtant, ce premier épisode était, à mon sens, ce qui pouvait annoncer une excellente saison. La mise en place de ce nouvel antagoniste qu’est Negan (et son groupe, les Saviors) était parfaite et la tension était menée d’une main de maître du début à la fin. Nous étions introduits à ce qui devait être l’un des fils rouges de l’ensemble de la saison : l’emprise psychologique du grand dadais interprété par Jeffrey Dean Morgan sur Rick et son groupe. Negan est présenté comme un véritable dieu avec une superbe analogie du passage biblique d’Abraham et Isaac lorsque Rick est mis à l’épreuve et doit couper la main de son fils. Nos héros sont acculés, brisés et, à la fin de ce premier épisode, il semble n’y avoir aucune solution : ils sont sous le joug du tyran. Ainsi, les zombies devaient passer définitivement au rang de menaces secondaires, dominés par le danger constant que représentent les Saviors.
Certes, c’était très éprouvant pour les spectateurs mais dans une série où les survivants sont constamment malmenés par un monde post-apocalyptique, c’est tout ce qu’il y a de plus normal. On ne regarde pas The Walking Dead pour être épargné mais pour être constamment confronté à une tension forte et à des enjeux insurmontables pour le commun des mortels.

La saison commençait donc très bien. Dans les épisodes suivants, il s’agissait de présenter de nouvelles communautés (notamment le Kingdom dans un deuxième épisode fort reposant qui nous montrait qu’il y avait encore de l’espoir), d’en apprendre plus sur les Saviors, de voir Rick se plier aux exigences de ces derniers, de suivre certains autres membres chercher à s’émanciper et enfin d'assister à une prise de conscience sur la nécessité de se soulever contre l’oppression de Negan (dans la deuxième partie de la saison), le tout débouchant sur le début d’une guerre ouverte entre les groupes alliés et les Saviors. Présenté de la sorte, ça semble honnête et fort intéressant à suivre mais le résultat fut tout autre.
Qu’on se le dise : c’est parfaitement normal pour une série d’avoir une baisse de rythme après un épisode aussi fort pour ensuite le rehausser au mid-season. Mais à ce niveau-là ce ne sont même plus des montagnes russes, c’est la chute de Felix Baumgartner pendant Red Bull Stratos ! Les showrunners devaient avoir marqué sur leur plan « arrivée Negan (épisode 1) - début de la résistance (épisode 8) - affrontement ouvert (épisode 16) » sans savoir quoi mettre de bien marquant entre chaque épisodes. Ils ont donc étiré au maximum les intrigues, ajoutés certaines qui ne servent à rien (qui en a quelque chose à faire de Carl et Enid qui font du roller ?), etc. Certains épisodes entiers sont à jeter comme le douzième avec Rick et Michonne qui se font une petite balade bucolique. En soi, le fond de ces épisodes et les questions soulevées sont importantes, mais on ne peut pas non plus en faire des épisodes entiers.
Ce rythme d’une lenteur insoutenable n’est pas non plus aidé par la réalisation. Le premier épisode mis à part, aucun plan n’est réellement marquant, la camera est souvent prise d’une crise de tremblement inexplicable et le montage est souvent complètement erratique. On peut aussi évoquer (comme cela a déjà été fait avec humour par les réseaux sociaux) les effets-spéciaux qui ont visiblement été conçus par une classe de 3e en stage.

Il en est de même pour le traitement de certains personnages. Les scénaristes ont voulu donner plus de relief à Rosita par exemple (en lui donnant un background notamment) mais il y a un problème : c’est trop tard, il aurait fallu le faire à son arrivée dans la série (saison 4). Au-delà de ça, d’autres personnages bénéficient d’un traitement très maladroit comme Negan qui devient petit à petit une parodie de lui-même et perd donc en prestance. Son ombre ne plane pas réellement comme une menace sur le groupe de Rick, on l’a mise là de manière artificielle et très forcée. A contrario, certains auraient mérité plus de développement comme Jésus qui avait commencé à faire parler de lui mais sans plus. Néanmoins, quand un personnage comme lui fait son coming-out, dans une série aussi importante, il serait bien de pousser la chose un peu plus loin.
Tout cela nous donne donc une saison qui ne renoue jamais avec la tension si oppressante de son premier épisode. À aucun moment (exception faite peut-être pour l’épisode huit, et encore) on ne se met à craindre pour nos personnages, le dénouement semblant si évident et ce même dans le season final. Ce dernier épisode est justement symptomatique d’une production qui a voulu rassurer les fans qui avaient été choqués par la mort de Glenn et Abraham : on comprend dès le début que Sasha meurt (mort douce à la fois pour le personnage et pour les spectateurs), on nous montre que les alliés vont arriver pour sauver Rick et son groupe, etc.

Comment croire une seule seconde que les Scavengers étaient fiables ?

Évidemment tout n’est pas à jeter. Il reste certains épisodes sympathiques/intéressants. Il y a notamment un point qui relève le niveau : une ambiguïté qui se crée pour certains personnages. Prenons par exemple Negan : même s’il est un salopard fini aux méthodes abominables, il a une certaine forme de morale qui brouille notre vision du personnage. Il pose des règles strictes et les suit à la lettre comme par exemple le fait que le viol est strictement interdit dans sa communauté, le moindre Savior qui enfreindra cette règle sera tué. Il a également un profond respect pour des personnages comme Sasha et Rick ce qui le rend par moment naïf : puisqu’il est honnête avec tout le monde, il s’attend à ce que les autres le soient aussi et il se fait avoir. De même, l’espèce d’affection qu’il a pour Carl nous pousse à nous poser des questions sur son histoire, sur ce qui l’a poussé à devenir ce qu’il est et espérons que ces raisons ne seront pas trop vite et trop mal présentées pour laisser planer le doute sur Negan et pour lui laisser son statut de personnage insaisissable. Toujours dans la question ambiguïté, le traitement de Rick est intéressant : on le voit devenir (même s’il l’était déjà en partie avant) petit à petit une sorte de Negan. En effet, c’est bien lui qui a décidé d’attaquer en premier les Saviors en les tuant dans leur sommeil, c’est également lui qui décide de s’en prendre au groupe d’Oceanside d’une manière peu diplomatique. Dès qu’il a l’ascendant sur quelqu’un, il le mettra à genoux, tout comme il avait dû le faire face à Negan en début de saison. Ainsi, la frontière entre les bons et les mauvais en devient floue et c’est le point qui aurait mérité encore plus de traitement (plutôt qu’une petite ballade en amoureux avec Michonne).
L'aspect le plus abouti dans cette question de brouillage de nos repères est sûrement le traitement de Eugène et Dwight. Pendant très longtemps on ne sait pas de quel côté ils sont. Ils mènent leur jeu avec intelligence et nous ne comprenons que bien plus tard comment ils se placent, dans des scènes assez émouvantes : pour Dwight quand il lit la lettre de Sherry et pour Eugène quand il discute avec Sasha. Aucun des deux ne souhaite faire preuve d’héroïsme, ils jouent leurs cartes avec les atouts qu’ils ont en gagnant la confiance de Negan. Ainsi, on ne peut en vouloir à Eugène d’avoir rejoint les Saviors, il tente de survivre à sa manière et il le fait sûrement mieux que la plupart des héros de la série, tout en se laissant une certaine marge de manœuvre au cas où les rapports de force s’inverseraient.

D'où viennent toutes ces faiblesses ? Le gros du problème tient du fait que les showrunners (Gimple et Kirkman) n’ont cessé de nous promettre une saison exceptionnelle faite de rebondissements et de tension. Pour la première partie de la saison, ce n’était donc déjà pas le cas. Pour la deuxième partie, ils ont voulu contenter les fans qui avaient été choqués par le premier épisode, il en ressort donc une absence complète de tension. Une telle preuve d’incapacité à faire avancer une série qui est à un moment clef de son histoire ne peut que nous inquiéter quant à la suite qui devrait nous montrer (si on suit les comics) des événements dantesques et de nouveaux personnages encore plus inquiétants. Peut-être qu’un changement de format d’épisode pourrait être salvateur. La série s’est aventurée sur un format beaucoup trop long : 14x45 minutes et deux épisodes d’une heure (le mid-season et le season final). En adoptant un format plus court (comme celui de Game of Thrones par exemple), The Walking Dead pourrait éviter beaucoup de moments inutiles.
Pour conclure, malgré certains moments très forts et quelques thématiques intéressantes, cette septième saison de The Walking Dead était extrêmement décevante, la faute à des choix artistiques incompréhensibles qui ne collent pas avec ce que devrait être la série.
Il ne reste plus qu’à espérer que nous auront droit à un sursaut avec la huitième saison, nous le verrons dans quelques mois.
En attendant, n’oubliez pas, cultivez-vous !

Un Jerry qui sourit pour bien finir cet article !

Ipemf et Unfl0w'
Corrigé par Koukarus

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