[Cinéma] Sur Le Chemin De L’École – Le Droit à L’Éducation

What’s up vous tous.tes ! Tout d’abord, je tenais à vous souhaiter une excellente rentrée, que ce soit pour vos études ou votre travail. J’espère que ce sera une année épanouissante pour chacun.e d’entre vous !
Étant donné que je suis persuadé qu’on ne vous a pas assez parlé de la rentrée, nous allons nous intéresser au sujet du droit à l’éducation au travers d’un documentaire fort doux à regarder ! Aujourd’hui, on ne va pas y aller par quatre chemins… Ah bah si justement... Bref, on va parler de Sur Le Chemin De L’École !

21013965_2013091315071072.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxDate de sortie : 25 Septembre 2013

Réalisateur : Pascal Plisson

Nationalité : Français

Genre : Documentaire

Synopsis : Ces enfants vivent aux quatre coins du globe mais partagent la même soif d'apprendre. Ils ont compris que seule l'instruction leur permettra d'améliorer leur vie, et c'est pour cela que chaque jour, dans des paysages incroyables, ils se lancent dans un périple à haut risque qui les conduira vers le savoir.

 

Le Droit à l’éducation :

C’est quelque chose qui peut nous sembler naturel, après tout on nous a rabâché assez souvent queschool_girl-sierraleone- l’instruction en France est obligatoire jusqu’à 16 ans. Évidemment, ce n’est pas le cas partout. Pourtant, le droit à l’éducation, ou plutôt l’instruction, est l’un des droits inscrit dans le plus grand nombre de textes internationaux : DUDH, CIDE, PIDESC, etc. *article financé par le lobby des acronymes*. Pour faire simple, les points les plus connus sont : l’enseignement primaire gratuit et obligatoire, l’enseignement secondaire et supérieur accessible à tous, l’accès à l’enseignement de base pour les personnes adultes n’ayant pas pu en recevoir pendant leur enfance et l’obligation pour les États d’assurer ce droit ainsi que sa qualité. Certains points sont moins connus comme la liberté de choisir des écoles conformes à ses convictions morales et/ou religieuses ainsi que la liberté académique des professeurs et étudiants.
Assurer l’éducation de chacun.e ce serait donc assurer une vie meilleure, acquérir une certaine autonomie, être informé sur certains risques sanitaires ainsi que sur ses droits et donc les faire valoir plus facilement, etc.
Un terme a été inventé par Katarina Tomasevski (1ère rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à l’éducation) : les « 4A ». Ce sont quatre caractéristiques essentielles pour une éducation optimale : À disposition, Accessibles, Acceptables et Adaptables. Les États doivent donc s’assurer que tous ces points sont mis en œuvre.

Les "4A" en détail

Les "4A" en détail

Tout ça c’est pour la théorie. Pour la pratique c’est pas joyeux. Il y aurait aujourd’hui 58 millions d’enfants dans le monde qui ne vont pas à l’école. Mais en 2000 on en était à 100 millions, d’immenses progrès ont donc été faits. Le problème est que d’après les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), absolument TOUS les enfants du monde entier auraient dû recevoir une instruction en 2015. Je vous laisse donc regarder votre calendrier au cas où vous n’auriez pas capté qu’on a largement dépassé la date butoir et donc qu’on est pas encore au point.
Les filles sont plus souvent victime de cette absence de scolarisation : plus de 50% des enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles et quand elles ont la chance d’y aller, une sur cinq ne vont pas au bout du cycle primaire. La principale cause est le mariage forcé (et donc le premier enfant très tôt) mais aussi certaines traditions tenaces (les familles refusant même les aides financières qui leur seraient envoyées).
Les autres principales causes à l’absence de scolarisation sont assez évidentes : la pauvreté qui oblige de nombreuses familles à faire travailler leurs enfants, les problèmes sanitaires, le manque de financements par les États, etc.
En France et en Europe, les causes d’absence d’instruction sont différentes mais tout aussi tenaces. On a par exemple encore un énorme problème avec l’accueil des enfants en situation de handicap. Même si de nombreux efforts ont été accomplis, il n’est pas encore rare de voir par exemple des enfants autistes qui se voient refuser l’accès à des écoles privées sous contrats ou plus généralement des enfants handicapés qui ne sont pas maintenus dans les classes ordinaires.

Le sujet est vaste mais aujourd’hui on va s’intéresser à plusieurs enfants qui arrivent tout de même à rejoindre leurs écoles, malgré les difficultés que sont la distance, l’absence d’aménagement et le handicap.

Sur Le Chemin De L'École

3478582_3_f68d_une-scene-du-film-documentaire-francais-de_167013e7c9cd8ff9f63031688a7ce5e4Pascal Plisson (qui s’est spécialisé dans les films qui nous invitent au voyage et à la découverte comme Massai, Les Guerriers de la Pluie) nous présente ici dix enfants dans quatre pays différents que nous allons suivre dans leurs longs voyages quotidiens vers leurs écoles respectives :
Jackson, 11 ans, et sa petite sœur Salomé vivent au Kenya et doivent parcourir 15 kilomètres matin et soir, chargés de leurs jerricans d’eau et le tout au milieu de la savane et des animaux sauvages.
Zahira, 12 ans, et deux de ses amies doivent passer par le mont Atlas au Maroc pour rejoindre leur internat, pour un total de 22km.
Carlos, 11 ans, et sa petite sœur, Mica, doivent faire une traversée de 18km à cheval dans les plaines de Patagonie.
Samuel, 11 ans, a les jambes paralysées mais il peut compter sur ses deux petits frères pour pousser son fauteuil roulant pendant plus d’une heure sur les routes peu aménagées de l’Inde.

IMG_2705-200x300Chacune de ces histoires vont s’alterner naturellement, sans que nous perdions le fil du documentaire. Le réalisateur réussit donc à nous faire comprendre l’universalité de cette histoire. Il a également saisi ce qui fait l’essence de ce genre de récit : l’imprévu. Les enfants vont faire face à des situations dignes des péripéties d’une fiction comme par exemple Jackson et Salomé qui sont pourchassés par un éléphant. Tout ceci transforme les aventures de ces enfants, pourtant réelles, en véritable monomythe, le fameux concept campbellien (Le Héros Aux Mille Et Un Visages) qui définit une des bases classiques en narratologie. L’appel à l’aventure ici est tout simplement le réveil des enfants, pendant leur voyage ils vont rencontrer des aidants, vont faire face à des péripéties, parfois les menant à l’abysse (la roue du fauteuil de Samuel qui se casse) dont ils vont ressortir plus forts pour affront la suite du chemin pour finalement arriver à l’accomplissement de la quête.
Donc oui, ces jeunes sont bel et bien des héros de la réalité, affrontant leur périple avec un courage et un optimisme vraiment étonnant. Et nous sommes tout de même dans un documentaire, l’équipe du tournage ayant évidemment mis un point d’honneur à ne pas interférer avec le cours des événements (ils ont même eu du mal à suivre Jackson qui courait plus vite qu’eux, les obligeant à prendre de l’avance sur lui).

L’autre grande force de ce film, c’est bien évidemment la beauté des paysages que Pascal Plisson a filmé avec sagesse, sans y apporter des centaines de retouches. Il aime nous faire voyager, nous émerveiller, on sent toute l’application qu’il a mise pour travailler son cadre, faisant ainsi de Sur Le Chemin De L’École un film presque contemplatif. Il va également nous faire découvrir certaines traditions (culinaires notamment et croyez-moi, quand on regarde le film peu avant la pause de midi, c’est très dur) et rîtes. C’est important pour un documentaire qui est destiné à être montré aux enfants : il s’agit de les ouvrir au monde.
On pourrait parler très longtemps de ce film, revenir plus en détail sur certains héros (notamment Zahira et Samuel) mais je tiens particulièrement à ce que vous le découvriez de vous-même (il ne fait qu’un peu plus d’une heure), vous ne regrettez pas cette démarche.

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Sur Le Chemin De L’École est typiquement le genre de film qui vous donne le sourire après le visionnage, d’autant plus quand vous vous renseignez sur ce que sont devenus les enfants quelques années plus tard. En revanche, il y a un problème qui n’est pas lié au film lui-même mais qui me fait bouillir à chaque fois…

Une hypocrisie autour du film

Pendant un an, j’ai fait des interventions dans les classes de 6e-5e pour leur parler de leurs droits fondamentaux. Quand venait le moment de parler du droit à l’éducation ou quand on s’arrêtait plus longuement sur le film pour donner aux enfants des exemples, il arrivait (je ne sais plus à quelles fréquences mais assez souvent pour que cela me marque) que les profs présents interpellent les élèves et leur assènent le fameux « vous voyez que vous avez de la chance ! ».

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Alors oui, nous avons effectivement beaucoup de chance en France et dans la plupart des pays européens d’avoir à disposition un système éducatif développé. Mais cette réflexion c’est à peu près comme si on disait à un malade « te plaint pas, tu as l’eau courante » : on nie une souffrance. Quelle souffrance ? Celle des 700 000 élèves victime de harcèlement scolaire, celle de ceux souffrant de phobie scolaire et de tous les autres qui, pour une raison x ou y, l’école représente un cauchemar. Leur balancer ce genre de phrases toutes faites, c’est les faire culpabiliser et pour des adultes dont le travail est aussi d’assurer la sécurité physique, morale et affective des élèves qu’ils ont en face d’eux, c’est intolérable.
Évidemment que nous avons, pour de nombreux points, beaucoup de chances de vivre en France, évidemment que nous avons certains privilèges que d’autres n’ont pas, les enfants le découvriront tôt ou tard et plus facilement avec ce film effectivement. Mais pour moi ce n’est pas la bonne leçon à donner. La bonne manière de débattre après le visionnage de ce film est de tout d’abord faire un point sur tous nos acquis, comprendre qu'il faut les chérir car nous pourrions les perdre mais ensuite, et c’est essentiel, de voir tout le travail qui reste à faire, demander aux enfants « et vous, quelles sont les épreuves que vous rencontrez ? ». À partir de là, il est presque certain que parmi eux il y en aura qui vont se confier et, si le travail est fait avec l’investissement qui incombe aux professeurs, on pourra avancer.
Il y a une phrase qui j’aime particulièrement : « les enfants sont des anges et les professeurs leur apprennent à voler ». Aujourd’hui, notre système éducatif n’arrive plus à leur donner ces ailes, parfois même il arrive à les couper. Voir un documentaire, c’est découvrir des choses que nous ne soupçonnions pas mais c’est aussi faire un retour sur soi-même, sur sa société, sur ce qui nous entoure et en déterminer ce que l’on peut changer.
C’est pour cela qu’on vous répète inlassablement « cultivez-vous ».

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Pour aller plus loin :

• Page officielle de l'UNESCO sur le droit à l'éducation avec des actualités régulières
Rapport mondial de l'Unesco de 2015 sur les enfants non-scolarisés
• Page officielle de l'action Non Au Harcèlement
• Page officielle de l'association de lutte contre la Phobie Scolaire
• Sur Le Chemin De L'École : Que sont-ils devenus ?

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Franc consommateur du 7e art. Mais pas que. Mais surtout de cinéma. Également responsable de publication et community manager, parce que sinon je m'ennuie.
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