[Cinéma] Listons une fois : Le Cinéma et le Mur de Berlin

Bonjour à tous et à toutes ! Ravi de vous retrouver pour un nouvel article.
Savez-vous quelle est ma période historique préférée ? Il s'agit de la Guerre Froide ! Ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai aucune idée... Je trouvais juste que c'était opportun de le préciser... Pour ce qui est du Mur de Berlin, pivot physique de toute cette période, je pense qu'il s'agit juste de mon passif familial qui m'a toujours poussé à m'y intéresser. C'est le genre de période où tout le monde se dit « qu'est-ce que j'aurais fait ? », question hautement importante pour la Mémoire. J'ai donc bien évidemment regardé nombre de films et de documentaires sur le sujet et je me suis dit qu'en ces 25 ans de la chute du Mur de la Honte, une petite liste de films incontournables sur le sujet tomberait bien.
Alors lancez la vidéo de Rostropovich ou écoutez The Wall de Pink Floyd (Duno approuvera cette dernière proposition je pense) et allons-y pour les 5 films incontournables sur le Mur de Berlin !

• Les Années Du Mur, Margarethe Von Trotta, 1994

32101Résumé : Berlin 1961. Konrad et Sophie sont séparés alors qu’ils tentent de s’échapper de Berlin-Est, quelques jours après la construction du mur. Sophie à l’Ouest, Konrad à l’Est. Une hésitation de Konrad lors de leur fuite par les égouts fait qu'ils se retrouvent séparés. À partir de ce moment, ils vivent leurs vies dans deux mondes opposés.
Ils se retrouvent une première fois à Prague où Konrad, devenu scientifique travaille à sa thèse. Sophie en tant que citoyenne de Berlin-Ouest est venue librement. Ils décident de vivre ensemble à Prague, mais l’invasion russe les éloigne à nouveau. Sophie, évacuée à l’Ouest attend un enfant de Konrad. Grâce à cet enfant, ils s’aperçoivent de loin. Mariés tous les deux, et installés chacun dans leur vie et leur travail, l’espoir de vivre ensemble semble avoir été abandonné.
Mais, le 9 novembre 1989, 27 ans après leur séparation, Konrad et Sophie, vieillis, se croisent sur le Grenzübergang, au milieu des Berlinois en liesse...
TW : Mort

En bref : Avant tout réservé aux sentimentaux, parfois basique dans sa construction narrative, la forme peut être banale mais certains détails de l'histoire font leur effet comme une bataille de haut-parleurs de chaque côté du mur. Un incontournable pour les romantiques.

• Le Tunnel, Roland Suso Richter, 2001

afftuRésumé : Début de la construction du Mur, Harry Melchior, champion de natation de la RDA, veut fuir l'oppression communiste mais refuse de laisser sa sœur Lotte.
Il décide finalement de partir et fait la promesse à sa sœur de revenir la chercher avant de parvenir à franchir la frontière.
Libre, il reste cependant obsédé par une idée : sauver cette dernière. Avec son meilleur ami, ils élaborent donc un plan ambitieux : creuser un tunnel sous le Mur.

TW : Mort

En bref : Film à la fois intimiste dans le traitement de l'histoire de ses héros, immense quand il s'agit de brosser le tableau d'une Allemagne déboussolée, il se veut, par sa mise en scène pragmatique, populaire et accessible à tous. Il est d'ailleurs solide, reposant sur une multitude d'histoires vraies, réunies en un seul duo, touchant et percutant.

• Barbara, Christian Petzold, 2012

20074920Résumé : Eté 1980. Barbara est chirurgienne et pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province, au milieu de nulle part. Tandis que son amant Jörg, qui vit à l’Ouest, prépare son évasion, Barbara est troublée par l’attention que lui porte André, le médecin-chef de l’hôpital. La confiance professionnelle qu’il lui accorde, ses attentions, son sourire... Est-il amoureux d’elle ? Est-il chargé de l’espionner ?

En bref : Amour et politique, deux forces percutantes qui ici se retrouvent en parfait équilibre dans un film servi par une beauté à la fois grandiose et glaçante. Petzold a réussi le coup de force de faire commune mesure entre manichéisme et moquerie facile, tare souvent présente dans les films traitant de cette période. Le point le plus intéressant repose sur la mécanique de suspicion qu'avait imposée la Stasi (la police politique) en RDA.

• La Vie Des Autres, Florian Henckel Von Donnersmarck *Holly Shit*, 2007

18708573Résumé : Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georg Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent pas aux idées du Parti.
 Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus...

En bref : Le renversement d'une idée ancrée, la découverte de la culture, de la sensibilité, tout cela est parfaitement représenté par le cinéaste, notamment grâce à Ulrich Mühe, parfait en officier de la Stasi. Si le rythme est lent, c'est pour nous montrer à quel point une transformation idéologique est longue et difficile. La réalisation minutieuse nous fait passer de l'appartement chaleureux d'un couple qui s'aime aux espaces gris et tristes de la Stasi. Percutante, la vie des autres ne se raconte pas, on doit s'en imprégner.

• Good Bye, Lenin ! Wolfgang Becker, 2003

afficheRésumé : Alex, un jeune Berlinois de l'Est, apprend la chute du mur alors que sa mère est dans le coma à la suite d'un infarctus. Celle-ci a toujours été une personne active, participant avec enthousiasme à l'animation d'une chorale. 
Les mois passent et le coma continue. La ville se transforme, les voitures occidentales sillonnent les rues, les publicités envahissent les murs. Au bout de huit mois, elle ouvre les yeux dans une ville qu'elle ne peut plus reconnaître. Alex veut absolument lui éviter un choc brutal que son cœur affaibli ne pourrait pas supporter. 
Profitant de son alitement, avec l'aide de sa famille et de ses amis, il reconstruit autour d'elle son univers familier, convoque les jeunes chanteurs de la chorale, sollicite l'aide d'un ancien cosmonaute, reconverti en chauffeur de taxi et s'efforce de faire revivre la RDA dans les 79 m² de l'appartement remis aux normes socialistes.

En bref : Peu de mots peuvent expliquer à quel point ce film est plaisant. Un petit bijou duquel on sort au bord des larmes. Ne tombant jamais dans la caricature, Becker nous montre à quel point il est important de faire un film frais quand il s'agit de traiter d'un sujet aussi délicat (cf La Vita e Bella pour ce qui est de la Shoah). N'hésitez pas, vous pouvez parler d'un chef d’œuvre.

Cinq films, cinq façons de traiter d'une période dont les nouvelles générations ne pourront se l'imaginer qu'à travers l'art et les témoignages. J'avais parlé de cette fameuse question "Qu'aurai-je fait ?", elle s'applique à chacun de ces films et on se rend compte que c'est ce qui donne toute l'importance des films de Mémoire.
Nous fêtons les 25 ans de la Chute du Mur de Berlin, l'un de moments les plus forts pour le peuple allemand. Vous pouvez d'ailleurs trouver des documentaires très intéressants sur le sujet. Je vous laisse les chercher par vous-même *on ne va pas vous faire tout le boulot non plus. Mais en gros Un Mur À Berlin est très bien*.

Je souhaite finir cet article avec cette citation : « Il ne faut pas chercher à traverser les murs, parce que, au delà des murs, il y a d’autres murs, il y a toujours la prison. Il faut s’échapper par les toits, vers le soleil.
 On ne mettra jamais un mur entre le soleil et la terre » (B-M Koltès). Pourquoi cette citation ? On peut encore voir aujourd'hui une cinquantaine de Murs séparant des pays, des peuples, des familles. Prenez le mur entre Israël et la Palestine, entre l'Inde et le Bangladesh, le mur séparant Chypre, les États-Unis et le Mexique, le mur de Corée, etc. Ne prenez pas la fin de la séparation de Berlin comme une fin en soit, prenez-la comme l'exemple du fait que l'on peut abattre ces murs, il suffit juste de s'y intéresser suffisamment. Mais je ne suis pas sûr et certain que des films y suffiront.

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Franc consommateur du 7e art. Mais pas que. Mais surtout de cinéma. Également responsable de publication et community manager, parce que sinon je m'ennuie.
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