[Musique] Pixies : Indie Cindy

Bonjour à tous, comme vous l'avez sûrement compris en lisant le titre de cet article, je vais aujourd'hui vous parler d'Indie Cindy, le nouvel album des Pixies dont la sorti est prévue pour le 28 avril 2014. Ah les Pixies, que dire de ce qui est pour moi l'un des plus grands groupes de rock alternatif de la fin des années 80 et du début des années 90. Jusqu'à présent, la formation issue de Boston, Massachusetts, ne comptait à son actif qu'un EP, Come on Pilgrim sorti en 1987, et quatre albums, Surfer Rosa sorti en 1988, Doolittle en 1889, Bossanova en 1990 et Trompe le monde sorti en 1991 *soit la même année que votre serviteur, on y reviendra après*. Vous avez tous au moins une fois entendu leur morceau le plus emblématique : « Where is my mind » que ce soit à la fin de Fight Club ou dans le dernier trailer de Dark Souls II. Pourtant, j'ai l'impression qu'ils ne jouissent pas de la renommée qui devrait être la leur. Ceci s'explique peut-être par l'histoire officieuse du groupe. Si vous êtes forts en calcul mental, vous vous serez rendu compte qu'entre 1987, leur premier EP, et 1991, leur dernier album, seul quatre ans se sont écoulés. Soit une période qui remonte à plus de vingt ans maintenant. Qu'ont-ils fait depuis vous demandez-vous sûrement ? Et bien pas grand chose, là est le problème. En effet, la relation entre Franck Black, chanteur, guitariste rythmique et leader du groupe, et Kim Deal, bassiste et chanteuse, s'est envenimée au point que la légende raconte que durant l'enregistrement de Trompe le monde, ils ne se sont jamais adressés une fois la parole sans finir par s'engueuler, provocant la séparation anticipée du groupe. On a quand même eu le droit depuis à quelques Best Of, un single plus que passable, Bam Thwok, sorti en 2004 et une série de concert que j'impute plus à une nécessité de payer leur impôts qu'à une réelle envie de re-formation.

Or, en juin dernier, le miracle se produit et, par l'intermédiaire de leur site officiel, le groupe annonce un nouveau single, Bagboy, avec la formation initiale. De plus, cette sortie est accompagnée d'une annonce sur un hypothétique futur album qui devrait dépendre de leur capacité à retravailler ensemble en fonction de leur entente mutuelle. Au final, il n'en sera rien puisque Kim Deal aurait volontairement quitté le groupe *ou alors définitivement limogée, l'information diffère d'une source à une autre* mais le groupe ne retourne pas pour autant en hibernation. Trois EP, appelés tout simplement EP1, EP2 et EP3, verront le jour respectivement en septembre 2013, janvier 2014 et mars 2014, Indie Cindy n'étant que la compilation de ceci.

  1. What Goes Boom
  2. Greens and Blues
  3. Indie Cindy
  4. Bagboy
  5. Magdalena 318
  6. Silver Snail
  7. Blue Eyed Hexe
  8. Ring the Bell
  9. Another Toes in the Ocean
  10. Andro Queen
  11. Snakes
  12. Jaime Bravo

Après cette longue introduction, nous pouvons enfin commencer la critique à proprement parlé. L'album commence doucement avec... Non pardon, on parle des Pixies ici, l'album commence donc en beauté avec le morceau What goes boom qui contient tous les ingrédients caractéristiques du groupe. Des guitares saturées, une basse et une batterie qui remplissent le fond sonore et les cris de Franck Black en guise de chant, le tout mélangé entre des couplets lents et une montée en puissance au moment des refrains.

Vient ensuite Greens and Blues, morceau plus calme qui permet de reprendre son souffle par rapport au précédent. Là encore, la basse et la batterie jouent leur rôle pour nous faire entrer le morceau dans la tête sans pour autant être trop technique. Le chant a la particularité d'en être vraiment un, fait assez important puisqu'il se démarque de ce à quoi on nous avait habitué dans les précédents albums.

Puis arrive Indie Cindy, morceau éponyme, dont l'intro nous fait bien comprendre qu'on a de nouveau à faire à une piste énergique. La particularité étant une nouvelle fois le chant puisqu'il alterne cette fois entre des paroles récitées pour les refrains et chantées pour les couplets.

Le groupe a pris l'initiative de réaliser des clips pour presque tous les morceaux de l'album *On me souffle à l'oreille "marketing"*

Déjà trois morceaux de passés et vous devriez vous être rendu compte que tout l'album repose sur une alternance de chansons calmes et d'autres plus frénétiques. Il est donc plus simple d'en faire une liste que de toutes les passer en revue. Magdalena 318, Silver Snail, Ring the Bell, Another Toe in the Ocean, Andro Queen et Jaime Bravo *en Français, faute d'orthographe comprise* sont à ranger dans la première catégorie tandis que Bagboy, Blue Eyed Hexe et Snakes sont à ranger dans la seconde.

Ceci cristallise bien le principal reproche que je peux faire à Indie Cindy : son rythme. Lorsque l'alternance est respectée, la formule Pixies fait son effet et on se laisse prendre. La première partie de l'album, allant jusqu'à Blue Eyed Hexe, est très plaisante et rappelle ce que le groupe avait pu faire avec Doolittle ou Trompe le Monde.

La seconde partie quant à elle, est beaucoup plus faible. La faute à Another Toe in the Ocean et Andro Queen qui sont, pour moi, ce que le groupe a produit de pire jusqu'à présent *avec Bam Thwok qu'on oublierait volontiers* et qui détruisent à eux seuls tout ce qui a été construit par les précédentes pistes et que malheureusement Snakes et Jaime Bravo n'ont pas le temps de reconstruire.

À quoi imputer cette erreur ? Sûrement à la méthode de publication choisie. Chacun des trois EP dispose de son propre rythme qui est chamboulé pour réunir toutes les chansons en un album. La durée des pistes est peut-être aussi à incriminer. En moyenne, elles durent toutes plus de 3:30. Là où le groupe nous avait habitué à des morceaux (et des albums) courts *deux minutes clope comprise*, on est ici face à des chansons qui se tirent en longueur pour laisser le temps à Frank Black de s'essayer à la chanson alors que, désolé, ce n'est vraiment pas son fort. Enfin, on peut aussi citer le départ de Kim Deal. Ce qui faisait le génie du groupe, c'était son alchimie. Je ne suis absolument pas étonné qu'aucun des membre n'ait réussi à percer en solo et j'ai vraiment l'impression que l'ancienne bassiste avait son mot à dire dans la composition des titres.

Finalement, j'ai beau donner l'impression d'être énormément déçu par Indie Cindy, ce n'est pas vraiment le cas. Je prend vraiment mon pied avec la trinité Indie Cindy, Bagboy et Magdalena 318 même si mon excitation redescend lors qu’arrive Another Toe. Si vous avez été dans mon cas, guettant la moindre rumeur à propos d'une reformation, vous vous êtes sûrement déjà fait votre avis sur cet album mais merci de m'avoir lu. Si vous connaissez déjà le groupe, n'hésitez pas à l'écouter, après tout ce n'est pas tous les jours que nous avons le droit à du contenu inédit de la part des Pixies. Si vous ne les connaissez pas du tout et que cette critique vous a intéressé, commencez par écouter Doolittle qui est selon moi leur meilleur album puis attaquez de manière chronologique leur discographie en finissant par Indie Cindy. Sur ce, j'espère que les Goodbye qu'on reconnaît au milieu des paroles de Jaime Bravo ne signifient pas « à dans vingt ans ».

Koukarus

 

 

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